113 - 113 Degrés (Sony BMG - 2005)
Prix d'acquisition: 9,99 euros
Ecouter le 113 dans le RER s'est se faire un fix de banlieue et se retrouver catapulté dans les cages d'escalier des immeubles qui s'alignent de l'autre côté de la vitre des wagons.
On est en terrain connu et balisé mais la recette fonctionne toujours: productions de premier plan (après avoir recruté Bangalter dans son précédent opus, le 113 fait appel à un autre ancien de la French Touch, Demon, et reste fidèle à DJ Mehdi), influences africaines (On Est Ensemble avec Molaré) et maghrébines (Partir Loin avec Reda Taliani) revendiquées, volonté de rester fidèle à la rue et au quartier.
Certaines facilités ne sont pas évitées: les 113 n'ont pas toujours été de grands chroniqueurs et certains textes sont un peu faiblards, accumulant les clichés de façon peu convaincante (36 Quai des Orfèvres). On se pose aussi la question de l'utilité du featuring de Mobb Deep sur L'Ecole Du Crime: avoir invité un groupe de ce calibre c'est bien, mais lorsque ceux-ci viennent cachetonner avec une performance faiblarde (on est quand même loin de Shook Ones Pt. 2 ou de Drink Away The Pain), on ne voit pas bien l'intérêt. Je passe aussi sur les multiples intros comptées type voix off de films de Scorcese: une ça passe mais plus de trois, ça sent la redite.
En fait, c'est lorsque nos trois lascars se concentrent sur les vignettes de la vie des quartiers ou expriments leurs sentiments en laissant tomber les redomontades post Scarface qu'ils sont les plus convaincants et finissent, sur le cordeau, par emporter une fois de plus le morceau.