AFX - Chosen Lords (Rephlex/La Baleine - 2006)

Publié le par Zorba le Break

Prix d’acquisition : 10,50 euros
 
AFX, alias Aphex Twin, soit M. Richard D. James pour l’état civil, est une légende. Point. C’est le producteur favori des producteurs, un des musiciens favoris des musiciens tous genres confondus, son nom est unanimement loué et respecté. AFX entretient d’ailleurs savamment cette légende en cultivant l’absence : pas de site internet, pas ou quasiment pas d’interviews, ses disques semblent uniquement sortir en fonction de ses humeurs. Difficile de juger si tout cela tient d’une stratégie délibérée ou si notre homme n’a vraiment et volontairement pas envie de s’emmerder avec les contingences habituelles de l’industrie du disque.
 
En tout cas Aphex Twin est dans la position de celui qui peut tout se permettre car sa patte est reconnaissable entre toutes. Il est même parvenu à créer un genre à lui tout seul, sa musique s’avérant inclassable. Toute critique objective est même difficile : comment juger des morceaux aux titres imprononçables, à la durée variable, véritables concrétions sonores plus ou moins heurtées. Aphex est à la frontière de tous les sous-genres électroniques, de la musique concrète au gabber en passant par la drum & bass.
 
Quel autre artiste aurait d’ailleurs pu se permettre de sortir 12 maxis intitulés Analord, numérotés de 1 à 12 et sortis dans le désordre sous les noms d’Aphex Twin puis AFX. La première sortie fut d’ailleurs l’Analord 10. Une bonne partie de la planète électronique a aussitôt crié au retour de l’enfant prodigue et Richard, à la demande générale, a compilé 10 extraits de ces douze 12 inches en format CD.
 L’incroyable cohérence du tout frappe : pour une « compilation », Chosen Lords semble avoir était conçu comme un album à part entière. Toute la touche Aphex Twin est représentée : noms de morceaux imbittables (PWSteal.Ldpinch.D, XMD 5a), vrilles acid analogiques, ritournelles entêtantes, nappes de synthés congelées, rythmiques heurtées, changements brutaux de direction à mi morceau mais, et ce n’est pas si fréquent, réelle accessibilité du projet (on reste quand même loin du dernier Bob Sinclar). De la musique exigeante certes, qui ne sera pas forcément la tasse de thé de votre copine au petit déj mais qui pourra passer néanmoins sur la chaîne du salon. Quand je vous avais dit que ce gars était un génie !!!
 
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Publié dans Disques

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