Para One - Epiphanie (Institubes/Naïve - 2006)
Prix d'acquisition: 10,99 euros
Prenez une grande rasade d'electro analogique sous haute influence warpienne, mettez la dans un mixer accompagné d'un doigt de french touch et d'une pincée de hip hop. Mélangez le tout pas trop longtemps pour garder de la spontanéité et vous obtiendrez Epiphanie de Para One, l'album que tout le landerneau électronique attendait depuis que les Daft Punk avaient faillis avec leur denier opus.
Après une entame un peu rentre dedans mais tout schuss avec le bien nommé Piste Bleue et Turtle Trouble, Para One livre ensuite un titre haché tout en filtres, que l'on croirait échappé du premier album de Demon, le synthé en plus. Para One a dû ensuite regarder Midnight Express puisqu'il entame F.U.D.G.E. comme du Moroder mais revu par Aphex Twin. Dudun-Dun est une bonne vieille hymne rave à danser les bras en l'air sur une sono énorme les stromboscopes dans la gueule.
Para one est aussi producteur de TTC, qu'il invite pour du crunk spatial sur Musclor. Def Tea Machine semble une chute de studio tribale minimaliste échappée de la série Africanism. Pour se reposer, Les Soleils Artificiels, tout comme Liege et Bobble, sont des ballades épurées dans la veine Boards Of Canada. Sages-Femmes fut peut-être dur à accoucher mais le résultat est là, un funk mutant et sauvage, réjouissant. Dans la même veine, Para One nous passe un Clubhoppn, qui fait d'abord penser au Flat Beats de Mr Oizo mais en plus élastique et avec une petite voix robotique un peu énervante. Le coup du Vocoder sur Nobody Cares aurait pu être évité: il y avait là matière à un vrai featuring hip hop.
Para One achève son excellent premier album par un Ski Lesson Blues un peu trançouille, dans la veine d'un Nathan Fake.
Quel futur pour Para One? Il redécouvrira sans doute les voix sur son deuxième album, pour apporter une autre dimension à ses morceaux et aura envie d'un live avec de vrais instruments. ce qui devrait lui valoir la couve des Inrocks.