Concert James Brown - 29 juin 2006 (Palais des Congrès)
James Brown est une légende. Né en 1933 (ce qui lui fait quand même 73 printemps), l’homme a multiplié les records : doté de nombreux surnoms (The Hardest Working Man In Show Business, The Godfather Of Soul, Mr Dybamite, etc.), il a été la conscience noire des ghettos durant les années 60, son image peinte fleurissant sur les murs, ses morceaux ont accompagné le mouvement des droits civiques, il a placé plus d’une centaine de tubes dans les hit-parades, a vendu des millions d’albums. Et puis il a dégringolé dans les années 80, multipliant les arrestations, sombrant dans la drogue et dans l’alcool. Un classique destin de star.Mais papy James refuse de raccrocher et continue à régulièrement tourner en concert. Et quand une légende se déplace à Paris, il faut raquer : pas loin de 150 euros la place. Du coup, le Palais des Sports était rempli de quinquas friqués. Avant même le début du concert, une vieille peau me casse les couilles car je donnais des coups de pieds dans le dossier de son siège. Rock’n’Roll !!! La queue aux chiottes est importante, mais là ce n’est pas la bière mais la prostate qui nécessite cette attente.
L’ambiance est donc explosive et à son comble quand à 21h15, l’orchestre de James Brown rentre sur scène. Entre les musiciens, les choristes, les danseuses, il y a une vingtaine de personnes et le show est rodé comme à Las Vegas. Ce ne sont plus les JB’s mais les Soul Messengers, soit la réunion de musiciens de studio un peu bedonnants. Après 15 minutes de chauffe, James Brown rentre sur scène. Et là force est de constater que l’on n’est pas à l’Apollo en 1962. Le grand James, n’est plus que l’ombre de lui-même. Certes il danse mais du coup il s’essouffle et ne parvient plus à chanter plus de 10 secondes par morceaux, musiciens et choristes étant là pour le secourir avec force solos et vocalises. Il mène encore son petit monde à la baguette mais on a un peu l’impression d’avoir à faire à Papy Daniel.
Pourtant par moment, lorsque qu’il ne danse pas, James Brown parvient à chanter et la magie opère, fugace mais intacte, sa voix s’élève et elle est irrésistible. Manque de bol, 30 secondes après il s’égosille !!!
1h30 de show passent et après avoir étiré ses plus grands hits sur près de 10 minutes (I Got You (I Feel Good), Get Up, It’s A Man’s World), James Brown tire sa révérence, laissant son orchestre jammer. A 23h15, les lumières se rallument. C’est terminé, une légende est passé et s’en est allée. Du coup en rentrant, je me suis réécouté le Live At The Apollo. Putain, c’était autre chose !!!
Publicité