Beyoncé - B'Day (RCA/2006)
Break Power : 1/10Les Destiny’s Child furent le symbole de la reconnaissance critique du RnB et de son installation durable au sommet des charts. Le quatuor américain fit passer celui-ci de la rue aux playlists des meilleurs DJs avec une formule imparable : peu de mélodie mais compensée par une production énorme, gonflée aux hormones et des harmonies vocales nettes et sans bavures. Avec le petit plus qui a permis aux Destiny’s Child de se démarquer du tout venant des girls band : Beyonce, soit une leader charismatique doublée d’une business woman impitoyable, incontestée, changeant la composition du quatuor selon son bon vouloir. Beyoncé avec une énergie peut commune s’est fixée un plan de route et s’y tient : se faire un maximum de thunes, détrôner Madonna et s’imposer comme nouvelle icône de la pop culture, la street credibility en plus.
Les étapes nécessaires de son ascension vers l’Olympe semblent avoir été minutieusement préparée, calibrée : son premier album solo, Dangerously In Love, s’est vendu par millions et a empoché 5 Grammys, apparitions au cinéma dans des films à succès (Austin Power), contrats publicitaires avec L’Oréal et Pepsi liaison avec Jay Z qui en tant qu’artiste et boss de Def Jam est devenu l’un des hommes les plus puissants de l’industrie du disque mondiale. Tout est tellement parfait, sous contrôle, sans aspérité, que l’on a l’impression d’avoir affaire à une cyborg, un Terminator habillé en pouffe.
B'Day, son second effort solo n’avait donc pas le droit à l’erreur. Au point que l’on a l’impression qu’il a été composé par un automate de génération de tubes. Les morceaux semblent être le fruit d’études de marché préalables pour rassembler précisément et scientifiquement tous les éléments nécessaires à un matraquage radio. Cela aurait pu être un concept mais c’est fait avec un tel cynisme que l’on a affaire à une accumulation criarde, gonflante et soûlante de recettes éculées. Ecouter B'Day c’est comme faire customiser une Ferrari 599 GTB Fiorano par l’équipe de Pimp My Ride : l’impression d’un vaste gâchis.
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