Oxmo Puccino & The Jazzbastards - Lipopette Bar (Blue Note/Capitol - 2006)
Break Power : 8/10Les albums concepts sont très rares dans le hip hop. Les albums concepts en français et réussis dans le hip hop français sont encore plus rares. Lipopette Bar en fait partie. Oxmo Puccino délaisse les histoires à ras le bitume et enfermées dans les halls d’immeubles des cités HLM qui caractérisent le rap hexagonal pour une atmosphère de série noire où planent les fantômes de Melville et d’Audiard. Oxmo Puccino raconte avec une imagination et un flow comme peu en possèdent de ce côté-ci de l’Atlantique des histoires de mauvaises vies, de femmes fatales et de mauvais garçons, de losers de la vie qui se retrouvent tous au Lipopette Bar. La bande sonore, comme toute bonne série noire, est bien sûr le jazz mais un jazz revu à la sauce hip hop, l’instrumentation puisant son inspiration chez les productions que des Pete Rock ou des DJ Premier sortaient au milieu des années 90, la touche live en plus. On pouvait craindre une mauvaise resucée de l’acid jazz mais, label Blue Note oblige, il n’en est rien : ouatée, languide, la tonalité des morceaux oscille entre blues urbain, et soul, pour se conclure sur un rock psychédélique avec Nirvana.
Tous ceux qui comme moi désespèrent du rap de nos contrées, trop souvent plombé par des productions approximatives, des textes bâclés et un manque général de travail peuvent reprendre espoir et venir remettre une tournée à ce Lipopette Bar.
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