Snoop Dogg - Tha Blue Carpet Treatment (Doggystyle/Geffen - 2006)

Publié le par Zorba le Break

Break Power: 7/10

Snoop Dogg réussit une entrée fracassante dans le hip hop. Après son morceau homonyme pour la B.O. de Deep Cover, qui le révéla au grand public, son premier album, Doggystyle, fut classé classique instantané au panthéon du hip hop voire même du rock. Doggystyle réussissait à être le parangon d'un genre, le gangsta rap, d'une époque, le début de années 90 et d'un lieu, l'indolente et hédoniste Californie. Avec sa dégaine de grand échalas égaré au pays des Crips, son flow nonchalent unique, Snoop impressionna tellement qu'on lui pardonna sans hésiter les 3 albums pourris qui suivirent, tous persuadés que l'homme se rabibocherait avec Dr Dre et reviendrait à son meilleur. La rédemption commenca avec Tha Last Meal et depuis, chaque nouvel album se voit décerné le titre de meilleur disque de Snoop depuis Doggystyle. Il faut pourtant se résoudre à admettre que notre homme, malgré tout son talent, ne parviendra plus à atteindre à nouveau ce sommet, juste parce-qu'il n'est plus un jeune chien fou assoiffé de dollars et de lucre mais un honnête père de famille doublé d'un prospère chef d'entreprise. Ce qui ne veut pas dire que l'homme n'a plus rien à dire mais juste que désormais les poses et histoires de gangstas et de pimps font partie du personnage qu'il s'est construit. Raison de plus pour ne pas bouder notre plaisir, surtout que Tha Blue Carpet Treatment contient son lot d'excellents morceaux, férocement west coast avec du lourd à la prod, du genre Dr Dre, Timbaland, les Neptunes, Soopafly, Nottz ou encore le revenant Battlecat. Crazy avec Nate Dogg au refrain, nous donne envie de parcourir les rues de Los Angeles dans une Chevrolet Impala comme au bon vieux temps. Vato, avec B-Real, soutenu par une production des Neptunes qui lorgne vers le Dr Dre de la grande époque, parle des conflits entre gangs latinos et noirs, sujet peu abordé. Candy voit le d.o double g s'essayer au hyphy en compagnie de la crême des gangsta rappeurs (E40, MC Eiht, Daz, Kurupt, Goldi Loc, il ne manque que DJ Quick pour que le tableau soit complet). Snoop fournit aussi son lot d'hymnes au cul avec That's That Shit, accompagné d'un pour une fois supportable R. Kelly, avec l'élastique prod de Battlecat  A Bitch I Knew ou encore avec le très poétique et féministe I Wanna Fuck You sur lequel chante Akon. On est en terrain connu et balisé mais Snoop a retrouvé avec gourmandise tout son flow, toute sa classe et toute sa verve suave et nous embarque une fois de plus sans que l'on se sente capable d'opposer la moindre résistance.

http://www.snoopdogg.com/

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Publié dans Disques

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