Van Hunt - On The Jungle Floor (EMI - 2006)
Break Power: 7/10
Van Hunt a commencé sa carrière en travaillant avec les cadors de la musique afro-américaine Dallas Austin et Raphael Saadiq. Cet apprentissage lui a sans doute donné l'inspiration et le savoir-faire nécessaires pour créer une subtile alliance entre le funk élastique des Ohio Players ou de Bootsy, la soul des Isley Brothers et un son pop/rock assez grand public. D'autres avant lui avaient essayé (Lenny Kravitz par exemple) et s'étaient fracassé sur la mur de la variétoche. Van Hunt arrive a se sortir sans trop de casse de l'épreuve sur On The Jungle Floor. L'album est certes un peu trop polissé, clinquant, très 80's même. Quelques morceaux frisent aussi la faute de goût: Daredevil, Baby, me rappelle ainsi surtout un slow de Tears For Fears, Mean Sleep pourrait être playlisté sans problèmes sur Chérie FM après Sheryl Crow et At The End Of A Slow Dance est mauvais comme du U2 pompier.
Ces faux pas acceptés, il reste à convenir que If I Take You Home et Hot Stage Lights sont les deux morceaux les plus authentiquement funky entendus depuis le Get Up de Prince. Peu d'artistes prennent aussi le risque de reprendre et adapter en version nu soul une chanson des Stooges (No Sense Of Crime), transformant le punk incandescent de la bande à Iggy Pop en appel à la baise, ce qui ne déplairait de toute façon pas à l'Iguane. The Thrills Of This Love est un petit bijou à siffloter sous la douche ou au volant. Et Ride, Ride, Ride, rock gentillet, devrait pouvoir faire danser sans trop de problèmes vos copines.
En fait, à écrire cet article, je me rend compte que Van Hunt est en fait un chanteur à minette et On The Jungle Floor n'est rien d'autre qu'un album de gonzesse(s). Il n'y a rien de mal à tout celà mais on se demande juste si à force d'avoir le cul entre deux chaises, Van Hunt va opter pour le côté obscur du funk ou de la soul ou bien définitivement chosir la variété, les briquets et les stades.