Busta Rhymes - The Big Bang (Aftermath/Interscope - 2006)

Publié le par Zorba le Break

Break Power: 8,5/10

Busta Rhymes est sans doute un des rappeurs dont le flow, rauque et guttural, est le plus immédiatement reconnaissable, pas très loin d'ailleurs du style de notre Joeystarr national. D'abord membre des Leaders Of The New School, Busta Rhymes devint incontournable dans le hip hop dès 1991 et ses  rimes sur le morceau d'A Tribe Called Quest sur lequel il était invité, Scenario. Avec ses dreadlocks, des tatouages tribaux et un style vestimentaire extravagant, Busta Rhymes s'est rapidement construit une personnaliré originale et à part, jusqu'à devenir une caricature de lui-même, un entertainer surtout capable d'amuser les enfants et vendant de moins en moins de disques. Sa signature sur Aftermath, le label de Dr Dre, marquait donc pour lui un nouveau départ, qu'il traduisit d'abord en se coupant les cheveux puis ensuite en enregistrant son meilleur album à ce jour. En produisant l'album de Busa Bus, le bon docteur, pour être sûr que The Big Bang soit une déflagration sonore et non un pétard mouillé, a pris ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle en matière de beats. En se mettant d'abord lui-même à l'ouvrage à 5 reprises, sur Get Some, How We Do It Over Here, CocainaDon't Get Carried Away et Legend Of The Fall Off. En confiant aussi les manettes des studios a quelques autres poids lourds, histoire que ses prods n'éclipsent pas tout. Busta Rhymes a donc  la chance de poser ses rimes sur des instrus concoctés par Swizz Beatz (Touch It), DJ Scratch (New York Shit), Sha Money XL (surtout connu pour être le patron du label de 50 Cent, G Unit), DJ Green Lantern (In The Ghetto, avec le papy du funk, Rick James), J. Dilla (fantastique You Can't Hold The Torch, Busta renvoyant la politesse à Q Tip en l'invitant sur ce morceau), Erick Sermon en mal d'EPMD sur Goldmine, Will.I.AM, bien sûr, avec le poétique I Love My Bitch , sans compter Mr Porter (They're Out To Get Me), Timbaland (Get Down) et Jellyroll (I'll Do It All). Dans ces conditions, rater l'album était impossible. The Big Bang n'est donc pas l'oeuvre la plus personnelle de Busta Rhymes, et même loin de là si on considère la liste des featurings (Q-Tip donc, Missy Elliott, Stevie Wonder, Rick James, Kelis, Nas, LaToiya Williams, la Floetry Marsha) et encore moins un album conceptuel. C'est juste une superproduction hyper bien foutue, férocement commerciale sans être putassière. De quoi redonner à Busta Rhymes confiance en lui et lui permettre de porter ostensiblement sur le dos du Cd un énorme médaillon Leader Of The New School, avec la tranquille férocité et l’assurance des vieux lions revenus au sommet de leur forme.

http://www.bustarhymes.com/ 

Publicité

Publié dans Disques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article