Clipse - Hell Hath No Fury (Zomba/Star Tark/Re-Up Gang Records/Sony BMG - 2006)

Publié le par Zorba le Break

Break Power: 9/10

Les Neptunes se sont rarement aventurés à produire des albums entiers. Les Clipse font partie des seules exceptions, Chad Hugo et Pharrell Williams ayant produit chacun de leurs trois albums, que ce soit Exclusive Audio Footage, Lord Willin' ou Hell Hath No Fury.

Le moins que l'on puisse dire c'est que cette alliance, que l'on aurait pu croire gage de succès certain pour le groupe, vu la réputation des Neptunes, n'a en fait jamais permis aux Clipse de faire la carrière qui aurait dû être la leur, malgré l'exceptionnelle qualité de leurs disques. Les Clipse semblent en effet constamment brigués par des problèmes avec leur maison de disque.

Leur premier album, Exclusive Audio Footage, ne fût jamais distribué, leur label d'alors, Elektra, ne croyant pas dans son potentiel commercial. Lord Willin' fût lui distribué par Arista via le label des Neptunes, Star Trak, et le succès commenca à pointer son nez, entraîné par les tubes Grindin' et When The Last Time. Manque de bol, en 2004, la fusion entre Sony et BMG entraîna la dissolution d'Arista dans Jive. Tandis que Star Trak trouvait refuge chez Interscope, les Clipse restaient coincé par des dispositions contractuelles sur Jive. Un malheur n'arrivant jamais seul, Jive décida que les Clipse n''étaient pas leur priorité et repoussa siné die la sortie de Hell Hath No Fury, pourtant terminé. Un procés et quelques mixtapes plus tard, voici enfin, presque 4 ans après,  Hell Hath No Fury disponible. A l'écoute du disque on est bien obligé de souligner le formidable talent des employés de certaines majors de l'industrie du disque, dont la suffisance n'a d'égal que le cynisme et la merde qu'ils ont dans les oreilles.

La ligne de conduite des Neptunes est ici minimaliste mais impressionante. Les productions délivrée par le duo au sommet de son art sont asséchées, subtiles variations toujours renouvelées autour du rythme de percussions et de lignes de basse, tout juste réhaussé de ci de là de touches de claviers.  Seul le morceau final, Nightmares, neo soul futuriste, est enrichi d'une mélodie. Les rîmes des Clipse se mêlent avec maestria et détachement à ce matelas synthétique, donnant l'impression que cette équipe est en train ni plus ni moins que de réinventer le funk, atteignant un sommet dans les pourtants passionantes expérimentations du hip hop américain de ces dernières années.

http://www.clipsemusic.com/

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Publié dans Disques

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