Amy Winehouse - Frank (Island - 2003)
Break Power: 8,5/10
Bien que sorti en 2003 Outre-Manche, Frank a dû attendre le début de cette année pour être opportunément et correctement distribué dans nos vertes et riantes contrées. C'est bien la preuve, si certains en doutaient encore, que les décideurs d'Universal ont les oreilles définitivement dégradées par les sous-produits de la Star Ac qu'ils préférent nous fatiguer à sortir à longueur d'année. Il faut dire qu'Amy Winehouse s'est imposée depuis la fin 2006 et son fabuleux single Rehab, issu de son second album, Back To Black, comme une artiste incontournable. La donzelle, au-delà de ses frasques alcoolisées, affiche une personnalité peu commune. Son timbre de voix ne se contente pas de rappeler d'illustres chanteuses noires: Amy Winehouse en a aussi repris l'indépendance farouche, imposant des textes décapants et une vision artistique intégre dans le monde un peu guimauve et souvent cynique, misogyne et maciste de la nu soul et du RnB. Amy Winehouse parle de l'amour, du cul, des hommes et de ses pairs avec l'aplomb d'une jeune femme moderne fière et libre. Elle fustige les pouffes à footballer sur Fuck me Pumps, préfère causer à sa guitare plutôt qu'à son mec sur Cherry ou chante les coups d'un soir sur In My Bed. Le tout est très élegamment mis en son dans une veine soul jazzy par Salaam Remi, producteur favori de Nas et cette canaille en pleine forme de Commissioner Gordon. C'est bien simple, Amy Winehouse est finalement la chanteuse que Beyoncé aurait aimé devenir.