Wax Tailor - Hope & Sorrow (Atmosphériques - 2007)
Break Power: 8,5/10
Wax Tailor fait du hip hop intsrumental, de la musique cinématique, de l'abstract hip hop, bref ce que l'on a longtemps appelé du trip hop. Le genre est hélas passé de mode et a longtemps passé pour mort. Il se trouve heureusement des docteurs Frankenstein pour tenter de ranimer le cadavre. Samples de B.O. et de dialogues de films, beats hip hop d'inspiration East Coast, chanteuses d'obédience soul (Sharon Jones) ou spoken word (Ursula Rucker, Voice), quelques rapeurs inconnus: la recette est connue, éprouvée mais distillée ici avec talent et fraîcheur. On pense très fort aux Herbaliser, à DJ Cam ou au premier album de RJD2. Tout cela a un côté années 90 pas forcément désagréable et tout à fait reposant après les déferlantes electro rock et digitale de ces denières années. Hope & Sorrow, en ce sens, est presque un album pour les vieux cons, de ceux qui ne sont toujours pas passé à la coke mais préfèrent de rouler des pétards, se trouvent franchement trop vieux pour mettre un slim et porter du fluo, qui supportent de plus en plus mal de se coucher tard car il faut s'occuper des gosses le matin, qui ont moins de temps pour mixer depuis qu'ils ont été promu par erreur au boulot, qui ont des potes qui ont longtemps hésité entre Ségo ou Bayrou, qui louent des gîtes ruraux pour le week-end et qui ne foutent plus les pieds dans un festival de rock sans avoir un logement assuré à proximité. Wax Tailor, avec ses petits airs mélancoliques, nous apporte la preuve que le temps passe et nous force à admettre défintivement que nous ne sommes plus vraiment si cool.