The Chemical Brothers - We Are The Night (Virgin - 2007)
Break Power: 8,5/10
Les frères chimiques avaient de sérieux problèmes. Inventeurs et dépositaires officiels d'un son XXL, ils étaient depuis quelques temps sérieusement concurrencés dans le registre du mur du son "énaurme" par une nuée de gandin qui têtaient encore le sein de leur mère lorsque Tom Rowlands et Ed Simons entrèrent dans la partie, il y a de celà fort longtemps, au milieu des années 90. Pour ne pas sombrer corps et biens comme bon nombre de cadors de la dance british de la même époque (Fatboy Slim, Underworld, The Prodigy, vous vous rappelez ?) ou devenir de piètres caricatures d'eux même, il leur fallait absolument se réinventer. Boyz Noise, Justice, Vitalic et Para One envoient du bois ? Eh bien les frères chimiques ont laissé tombé l'ecsta et ralentisent sérieusement la cadence, se ressourçant dans la pop british (New Order encore et toujours), le krautrock et ressortent les synthés analogiques. Ils annonçent même carrément le programme sur le dernier morceau manifeste, The Pills Won't Help You. Les morceaux s'étirent en de longues transes synthétiques, les beats et les lignes de basse sont mis en arrière plan. Tout l'album semble vaporeux, atteint d'une douce et amère mélancolie, portés par les propres voix des Chemical ou celles du jeune génie du folk Willy Mason (No Path To Follow, Battle Scars), des Klaxons ( All Right Reversed) ou encore d'Ali Love (Do It Again). Harpoons et The Pills Won't Help You renouent avec les heures glorieuses de l'ambient britannique et sont hantés par les fantômes de Brian Eno et de The Orb. Seule incongruité, The Salmon Dance, sur lequel rappe Fatlip, fait surtout penser à du Mr Scruff. We Are The Night: les Chemical Brothers ne sont plus complètement la nuit, mais leur musique planante est bien partie pour au moins attiser nos rêves.
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